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Au cours des dernières décennies, les processus économiques associés à la mondialisation ont eu des répercussions profondes sur la vie des hommes et des femmes, de tous âges, nationalités, classes sociales et groupes ethniques confondus, partout dans le monde. Le PAS avait pour but d’amener le tiers monde, notamment l’Afrique, dans la mondialisation dont les catégories analytiques sont le libre-échange, l’efficience, la rationalité économique, l’avantage comparatif, la croissance économique et les aspects connexes. Ainsi, il est à noter que la mondialisation a détruit les espaces nationaux et locaux en tant que sites d’accumulation et de sociétés en reconstruction (Shivji, 1998 dans Bagile 2005). La libéralisation du commerce et des comptes de capital, les réductions fiscales, la privatisation et la déréglementation des marchés du travail, entre autres, ont été les différentes composantes de ces politiques induites par les entreprises ; politiques anti pauvres et empreintes de préjugés sexistes et de classe. Devant cette situation, les pays africains ont dû faire face aux réalités découlant de l’interdépendance économique, de la perte relative de contrôle fiscal et de l’autorité croissante des marchés.
Entre autres impacts des politiques macroéconomiques et néolibérales, on peut citer le resserrement fiscal dans les secteurs sociaux (dû aux réductions budgétaires et à l’introduction de tickets modérateurs) qui a rendu ainsi les femmes vulnérables. Ces politiques d’ajustement, visant à assurer l’efficience et l’efficacité, ont ainsi largement affecté les femmes, à cause de leurs faibles niveaux d’éducation.
Les secteurs économiques n’ont pas contribué de façon significative à la réduction de la pauvreté, dans une perspective de genre, à cause de l’insuffisance des programmes et des ressources budgétaires affectées aux programmes liés à la pauvreté et aux activités économiques liées au genre. Même lorsque les Documents de stratégie de réduction de la pauvreté, dans certains pays, ont montré l’importance du genre dans la réduction de la pauvreté, les flux de ressources n’ont pas reflété les engagements des gouvernements sur cet aspect. Cela est dû au fait que les budgets nationaux existants ont été très limités au regard des engagements pris par les gouvernements en matière d’orientation et de programmes politiques spécifiques au niveau national et international , par exemple, les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), pour ne citer que ceux-là, touchant ainsi les couches les plus pauvres, à majorité des femmes.
Le cas le plus marquant, c’est l’agriculture, épine dorsale de nombre d’économies africaines, qui assure 85 % des moyens de subsistance en Afrique. Dans le même temps, les femmes qui contribuent à hauteur de 75 % des produits agricoles, ne bénéficient pas de réductions budgétaires pas plus que de l’économie de marché. Il convient de noter que les pays africains n’ont toujours pas voix au chapitre surtout en ce qui concerne la fixation des prix au niveau des marchés mondiaux. Malgré leur rôle accru dans l’agriculture (pour faire face aux besoins sociaux), la plupart des femmes n’ont toujours pas accès aux moyens de production tels que la terre et le capital. Encore une fois, elles n’ont pas accès aux services de vulgarisation et aux marchés, ce qui se traduit par l’absence de rémunération équitable dans la production de subsistance non rémunérée. Même quand des politiques telles que les politiques foncières, la politique relative aux petites et moyennes entreprises et la politique de l’emploi existent, outre le fait que l’on ignore leur existence, de telles politiques sont laissées sur les étagères des gouvernements, et donc non fonctionnelles. De surcroît, les politiques sexistes et le système de patriarcat ont continué à rendre les femmes vulnérables à la pauvreté.
Il convient de noter que, bien que l’échec de l’économie de marché sur sa simple définition du développement comme synonyme de croissance soit largement reconnu, et malgré le fait que la pauvreté soit à présent comprise comme un phénomène complexe et multidimensionnel, résultant de l’intersection des inégalités sociales, y compris des inégalités de genre et de l’impuissance plutôt que d’être une simple question de manque de revenu, ces modes d’analyse impopulaires continuent toujours d’influencer la formulation des politiques dans les principales institutions de la gouvernance mondiale, à savoir la Banque mondiale, le FMI et l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Le néolibéralisme continue d’être le cadre intellectuel qui guide les politiques économiques promues par ces institutions, pour améliorer la croissance malgré quelques modifications. Des politiques macroéconomiques saines, la prudence financière, l’Etat de droit et l’imputabilité et la transparence, le commerce en tant que moteur de la croissance et de la bonne gouvernance, tels sont certains des termes mis en relief et utilisés comme une prolongation du consensus de Washington.
En tant qu’organisation de recherche féministe, il est impératif de continuer à examiner et à suivre (i) l’effet différencié par sexe de la mondialisation et de la libéralisation économique ; (ii) les effets des inégalités des sexes sur les résultats des politiques de libéralisation économique et de la mondialisation ; (iii) la promotion des efforts tendant à améliorer l’égalité des sexes dans les politiques macroéconomiques et les résultats des politiques et de la performance commerciales ; (iv) la mesure dans laquelle les inégalités des sexes telles qu’illustrées par les indicateurs socioéconomiques pour des secteurs sont traitées dans les Documents de stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP) et son impact sur les budgets nationaux.
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L’AFARD mènera les interventions suivantes :
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En utilisant les résultats des recherches féministes à mener, offrir à ses membres une plate-forme pour s’engager dans la politique, le plaidoyer et le dialogue social fondés sur des éléments probants, sur les politiques macroéconomiques, démocratiser les DSRP et suivre les processus subséquents d’élaboration et de mise en œuvre de lignes directrices relatives aux budgets sensibles de genre
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- Suivre les accords commerciaux par une approche fondée sur le genre et les droits
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Renforcer les capacités d’entraide à la base, par des activités telles que la formation de groupes de solidarité, la création de coopératives/associations de femmes comprenant leur liaison avec les marchés et les capitaux
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